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08/04/2008

JO : le temps presse

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Après Londres, Paris : les jours se suivent et se ressemblent. Le passage de la flamme olympique dans deux des grandes villes européennes n’aura en rien ressemblé à celui d’un long fleuve tranquille. Et San Francisco, qui accueille la torche aujourd’hui, se place d’emblée sous le signe de la contestation avec une grande banderole appelant à la libération du Tibet accrochée au Golden Gate. La fête qui devait entourer le passage de la flamme sombre partout dans le chaos.

 

La Chine, qui n’a pourtant pas de leçons à donner en la matière, estime ces manifestations contraires à l’esprit olympique. On croit rêver.

 

Pékin devra pourtant rapidement trouver une autre réponse que l’emprisonnement d’un dissident ou la poursuite de la répression au Tibet si elle veut convaincre ses détracteurs de sa bonne foi. Il ne suffira pas aux dirigeants chinois de se draper dans une superbe outrée mais inhérente  aux grandes puissances pour passer le cap de la contestation qui enfle.

 

Le risque augmente chaque jour, pour les maîtres de Pékin, de voir la situation échapper à tout contrôle : les athlètes se prononcent généralement contre le boycott sportif mais ils sont de plus en plus nombreux à vouloir exprimer, au cours de ces jeux, leur combat pour la liberté et les droits de l’homme. Aux Etats-Unis, la question olympique vient d’être transformée en enjeu électoral avec Hillary Clinton qui demande à Georges Bush de ne pas se rendre aux cérémonies d’ouverture en août prochain.

 

Le Président du CIO, Jacques Rogge, sort lui-même, prudemment, de sa réserve pour appeler la Chine au dialogue à propos du Tibet.

 

Jamais la Chine n’avait ainsi été mise sous pression par l’opinion publique mondiale. Pour Pékin, le temps presse : le risque de voir la fête olympique tourner au fiasco augmente chaque jour.

 

 

Commentaires

C'est le pays réel et non le pays légal qui conteste à Paris comme à Londres. La répression des militants à Paris par les forces de police aux "pays de droits de l'homme" fait réflechir.
La présence des officiels aux jeux pour la cérémonie d'ouverture creusera un peu plus encore le fossé entre le peuple et la classe politico administrative. La conception mercantile de la politique en occident fait qu'il revient au consommateur en dernier lieu d'envoyer les signes de sa réprobation civique, en adaptant son comportement quotidien à ses convictions.

Écrit par : Annie | 08/04/2008

Le périple de la torche olympique embrase jusqu’au petit monde des amoureux des cimes.

Dans un éditorial bien senti de la revue "Montagnes Info" du mois de mars, Bernard Murdry, le président de la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM), vénérable institution de 82 000 adhérents, s’en prend au Comité international olympique (CIO). Une première dans une association où l’on cultive la plus stricte neutralité politique. « Non contentes, au mépris de l’esprit olympique d’avoir accordé les jeux 2008 à la Chine, - pays peu scrupuleux en matière de démocratie et de protection de l’environnement-, écrit le patron des montagnards, voici que maintenant les autorités du CIO permettent aux organisateurs tout et n’importe quoi. »

Ce « tout et n’importe quoi », c’est le projet de faire passer la flamme olympique au sommet de l’Everest, qui, avec ses 8848 mètres, est, rappelons-le pour les distraits, la plus haute montagne du monde. Il est ainsi prévu qu’au mois de mai, un valeureux alpiniste chinois brandisse la torche sur le toit du monde, en direct devant les caméras de la Télévision centrale de Chine (CCTV), acheminées au sommet pour l’occasion.

Voir "Flamme olympique à l'Everest" sur http://www.ffcam.fr/index.php

Écrit par : M a n u | 08/04/2008

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