Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

31/03/2008

Il est d'autres rendez-vous...

EDITORIAL

CIEL RADIO

par Michel KONEN

 

Le gouvernement Leterme Ier s’installe lentement. Un peu comme si 9 mois de négociations, qui ont laissé le pays sans direction effective, n’exigeaient pas l’urgence. Dans une semaine, c’est promis, nos 22 excellences seront à pied d’œuvre. On espère les voir alors mettre les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu.

 

Les problèmes ne manquent pas : pouvoir d’achat en berne, inflation en hausse, croissance économique en baisse, compétitivité menacée, … Les indicateurs passent lentement au rouge et inquiètent. Le reste du monde n’attend pas que le gouvernement belge se déclare bon pour le service pour poursuivre sa course.

 

La semaine dernière, le Fond monétaire international a opportunément rappelé au gouvernement belge que des mesures d’urgence s’imposaient. Au centre de l’avertissement lancé par le FMI : le fonds de vieillissement de la population. On sait en effet que c’est un des défis majeurs des années à venir : assurer le paiement de pensions décentes à la population. Un fond a été créé il y a quelques années à cet effet. Il doit être approvisionné par les bonis budgétaires. Il ne l’a pas été en 2007. Il ne le sera pas en 2008. En cause, le retour des déficits et l’absence de courage politique. Comme trop souvent, le court terme l’a emporté sur la vision de l’avenir.

 

Et s’il est rai que Leterme Ier a renoncé aux mesures artificielles prise sous les gouvernements Verhofstadt – les fameux « one shot » sous forme, par exemple, de vente de bâtiments – pour atteindre l’équilibre, tout cela apparaît d’ores et déjà comme insuffisant.

 

La politique d’emploi est plus que jamais au cœur du problème : il faut que la Belgique améliore ses performances médiocres en ce domaine. Il faut faire vite, les perspectives économiques s’annoncent plus contraignantes que prévues et le gouvernement a fortement tablé pour réussir son pari sur une croissance qui s’effrite. Il lui faudra de l’audace et de l’imagination.

 

Il est des rendez-vous, autres qu’institutionnels, qu’il serait irresponsable de manquer.

 

 

28/03/2008

Islam

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Il l’a donc fait. Le député néerlandais d’extrème-droite Geert Wilders est passé à l’acte. Il a mis en ligne, sur Internet, son film anti-islam : Fitna, ce qui, en arabe signifie, discorde au sein de l’islam.

 

Le film montre notamment des images violentes de victimes d’attentats terroristes entrecoupées de versets du Coran. Wilders prétend ainsi démontrer que le Coran est un livre fasciste, comparable au Mein Kampf d’Adolf Hitler. Un livre qu’il convient purement et simplement d’interdire aux Pays-Bas.

 

Le gouvernement néerlandais a tenté en vain de persuader Geert Wilders de renoncer à son projet. Rien n’y a fait. Dès hier soir, les associations musulmanes appelaient leurs fidèles à rester calmes et à ne répondre pas à la provocation. Le gouvernement de La Haye craint des violences en Hollande même ainsi que des agressions à l’encontre de ses ressortissants à l’étranger. Des pays musulmans ont d’ores déjà menacé les Pays-Bas de  mesures de rétorsion économiques. On se dirige donc tout droit vers une crise semblable à celle qui a agité les foules musulmanes lors de la publication des caricatures de Mahomet au Danemark.

 

Il faut le rappeler : rien, dans un régime démocratique, où il y a séparation entre l’Etat et les religions, où règne les libertés d’opinion et de presse, ne peut empêcher la réalisation et la diffusion d’un tel film. C’est par le débat pacifique qu’il convient donc de démonter le discours haineux de ce député de la droite fasciste. L’Islam, pas plus que les autres religion ne dispose d’un statut spécial qui le mettrait à l’abri de la critique, fut-elle outrancière, ou de la caricature.

 

L’entreprise de ce député n’en reste pas moins condamnable : elle attise la haine et ne propose aucune solution. Le brûlot produit par ce député pourrait s’appliquer à d’autres religions, à commencer par la Bible au nom de laquelle des massacres ont été commis par le passé.

 

Que l’interprétation littérale de certains passages du Coran par les musulmans les plus radicaux pose problème, nul ne le niera. Des événements sanglants ou des discours haineux tels ceux du chef de l’état iranien le démontrent chaque jour.

 

Il appartient aux responsables musulmans d’Europe et du monde de démontrer par leur attitude que ce député est dans l’erreur et que l’islam, comme les autres religions, est aussi un appel à l’amour du prochain et à l’harmonie entre les hommes.

 

 

27/03/2008

Fourniret : pour le meilleur et pour le pire

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

Michel Fourniret et Monique Olivier ont rendez-vous aujourd’hui avec leurs juges. Un procès qui, a bien des égards, fait songer à celui de Marc Dutroux, tant ces deux-là ont l’air d’être quelconques, tant ces deux-là passent inaperçus dans une foule, tant ces deux-là ont l’air « normal », si l’on peut dire, des monstres « ordinaires ».

 

Similitude encore par les victimes : des jeunes filles, des enfants sans défense torturés, violés jusqu’à la mort. Sans pitié. Sans aucun remord. 

 

Analogie enfin par l’apparente et totale indifférence au sort des fillettes et de leurs parents, aux souffrances indicibles qu’ils ont provoquées. Comme Dutroux, Fourniret et Olivier se comportent comme des victimes de la société et nous accusent, tous, d’être responsables de ce qui leur arrive.

 

Ce qui inquiète et interpelle dans l’apparente normalité de ce couple diabolique c’est qu’elle laisse totalement désemparées celles qui ont échappé aux griffes des accusés, les familles des jeunes filles qui sont mortes, la société toute entière, à dire vrai.

 

Chacun attend et appréhende le face-à-face. La vérité judiciaire suffira-t-elle à conduire à un verdict réparateur ? Plus qu’une condamnation, qui ne fait aucun doute, ce procès permettra-t-il seulement de comprendre les noirs ressorts de l’âme humaine ? Ce procès donnera-t-il des clefs pour éviter que les monstres soient parmi nous ?

 

Les membres du jury, des monsieur et madame tout le monde, auront, une nouvelle fois, en même temps que les juges, la lourde tache de représenter la société, de juger sans haine et sans passion. De dire à ces deux monstres-là que malgré leurs crimes odieux ils font partie de l’humanité. Pour le meilleur et pour le pire.