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26/03/2008

Boycott ou pas boycott ?

Editorial

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Boycott ou pas boycott ? La question des jeux de Pékin est désormais ouverte. Après la spectaculaire intervention de Reporter sans frontière lors de la cérémonie de la flamme à Olympie ce week-end, le débat fait rage. Les hommes politiques, le président français Nicolas Sarkozy en tête, posent ouvertement la question. Le président du Comité international olympique, le belge Jacques Rogge, se voit violemment reprocher son apparente passivité et se fait traiter de Ponce Pilate.

 

Voilà donc la Chine rattrapée par la question Tibétaine et plus généralement par ses viols à grande échelle des droits de l’homme.

 

La question est aujourd’hui purement politique. Le CIO , qui se dit préoccupé, campe sur sa position : nous sommes une institution sportive et non une organisation politique, affirme-t-il. Le CIO se dit convaincu que les jeux contribueront à des progrès en Chine, y compris dans le domaine des droits de l’homme. On ne peut lui donner tort. La manière dont les autorités chinoises appliquent les droits de l’homme, la question Tibétaine était connue il y a six ans déjà lors de l’attribution des jeux à la ville de Pékin. Et il faut bien reconnaître que sans la présence des Jeux dans la capitale chinoise ces questions se verraient sans doute traitées aujourd’hui avec la même indifférence qu’alors. L’agitation autour des jeux est donc, déjà, une victoire en soi.

 

La balle est clairement dans le camp des politiques. Interdire la présence des athlètes aux jeux ne résoudrait rien et risquerait au contraire d’alourdir la chape de plomb. Les athlètes et la forte présence médiatique qui en découle sont des moyens de pression puissants dont il serait stupide de se priver.

 

L’action la plus pertinente semble être aujourd’hui le refus par les représentants politique occidentaux d’être présents aux cérémonies officielles. C’est à eux qu’il appartient de signifier, fortement et visiblement, aux autorités chinoises que les opportunités économiques  ne peuvent occulter les obligations de droits de l’homme. La Chine, super-puissance émergente, a les moyens de rejoindre, grâce aux jeux ou à cause des jeux, le concert des nations démocratiques.

 

 

Commentaires

Olivier Esteves angliciste et historien, maître de conférences à l’université de Lille-III.

Ces dernières semaines, il ne s’est pas passé un jour sans que l’on entende parler de «boycott», qu’il s’agisse des Jeux olympiques de Pékin, mais aussi du Salon du livre axé sur le soixantième anniversaire de l’Etat d’Israël.
Saluons d’abord le fait que ce terme de boycott soit débattu aussi passionnément. Car force est de constater que ces dernières années, il n’en a pas toujours été ainsi. A tel point que, notamment en janvier 2003, plusieurs intellectuels «de gouvernement», au premier rang desquels Bernard-Henri Lévy, avaient proclamé «Pas de boycott ! Pas la honte du boycott !» lorsque l’université de Paris-VI avait simplement remis en question des accords académiques passés avec Israël. En effet, cet Etat n’avait pas respecté les termes desdits accords, touchant principalement au sort de la population palestinienne. BHL et d’autres avaient assimilé ce type de pratique au boycott nazi des magasins juifs, décrété le 1er avril 1933 avec des conséquences désastreuses pour la minorité juive allemande (très vulnérable car constituant moins de 1 % de la population nationale). Aujourd’hui pourtant, notre BHL national appelle au boycott des JO. Est-ce à dire que ce mot serait soudain devenu respectable à ses yeux ?

... la suite ici :
http://www.liberation.fr/rebonds/317591.FR.php

Écrit par : M a n u | 26/03/2008

Un boycott des JO est une solution simpliste...

Nos dirigeants, et Nicolas Sarkozy en tête, n'ont qu'un mot à la bouche ... et ce n'est pas droit de l'homme. Ces mots que chaque jour nous entendons sont : "POUVOIR D'ACHAT"...

Hors, garantir le pouvoir d'achat des plus faibles passe aujourd'hui par des commandes à la Chine... Ou alors, par la mise au travail, à de bonne condition de nos chômeurs, allocataires sociaux et améliorations des revenus de ceux qui travaillent déjà.

CConcrètement, cela signifie recréer des industries chez nous... Taxer les produits sur lesquels un dumping social, ecologique ou droit de l'hommiste existe pour obliger les producteurs peu scrupuleux de respecter une certaine norme.

Ce n'ets pas un boycott, c'est dire : vous avez droit à votre système de valeur mais nous avons le notre.
Si vous voulez commercer avec nous, vous commercer selon nos normes. Faites ce que vous voulez dans votre commerce intérieur, on ne se permet pas d'y regarder mais... si vous voulez nous vendre vos produits, ils doivent :
-respecter un droit social des travailleurs
-respecter des normes écologiques
-respecter les droits de l'homme.

Bien sur, l'OMC parelera de barrière aux commerces... bien sur, on risque de leur vendre moins d'Airbus... et? Et si on regarde à long terme, ce sera payant pour tout le monde, pour eux comme pour nous. car à leur revendre nos airbus en aceptant les transfert de technologie, on est en train de se tirer une balle dans le pied pour dans 20 ans.

En établissant ces nouvelles règles, on améliore:
-le sort des travailleurs chinois (et autre pays assimilés)
-le sort de nos travailleurs (car nos produits incluent déjà toutes ces normes ce qui les rends bien sur moins compétitifs)
-le sort de la planète.

Alors le boycott, why not, mais seulement car seul, il est, et c'est prouvé depuis longtemps, totalement inéfficace.

Écrit par : Chaos Theory | 26/03/2008

Dans le Soir (page 2) :
Leys [http://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Leys] prône un boycott politique.

...
La Chine est-elle digne d'organiser les Jeux olympiques ?

Il était universellement convenu que le pays hôte des JO devrait pouvoir présenter des garanties suffisantes de respect des droits de l'Homme. La Chine populaire n'a jamais rempli cette condition. Manifestement le comité responsable s'est volontairement aveuglé sur cette question - pour des raisons que je laisserai à d'autres le soin de débrouiller.

Faut-il boycotter les Jeux ?

Non, dit le dalaï-lama. Ne soyons pas plus tibétains que lui, et ne ruinons donc pas les efforts des innocents sportifs. En revanche, en ce qui concerne les liturgies politiques qui précèdent, utilisent et concluent les compétitions sportives (flamme olympique, cérémonie d'ouverture et de clôture): honte aux hommes d'Etat et aux personnalités démocratiques qui jugeront bon de les honorer de leur présence et de leur prêter leur crédit.

Écrit par : M a n u | 26/03/2008

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