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17/03/2008

Trois jours pour conclure, pour convaincre

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

A 72 heures de son sacre, Yves Leterme doit être particulièrement nerveux. Le baromètre politique de La Libre révèle en effet qu’il ne jouit pas de la confiance d’une majorité de Belges pour exercer la fonction de Premier ministre. En Wallonie et à Bruxelles le rejet tourne autour de 90 p.c., en Flandre il atteint les 55 p.c.. Il a beau rester retrouver sa première place en terme de notoriété devant Guy Verhofstadt en Flandre, rien n’y fait, neuf mois de négociations et ses échecs successifs comme formateur ont sapé la confiance. Il devra rapidement démontrer que les apparences sont trompeuses et qu’il est en mesure d’être le Premier ministre de tous.

 

Challenge quasi impossible car les attentes sont contradictoires. L’enquête de La Libre confirme, si besoin était,  la différence de perception entre le Nord et le Sud. Alors que les flamands accordent leur confiance aux institutions régionales et communautaires, les francophones, eux, comptent sur l’Etat fédéral pour résoudre leurs problèmes. La quadrature du cercle en quelque sorte.

 

La mission relève de l’impossible car il n’y a pas d’alternative à la majorité actuelle. C’est le troisième enseignement du Baromètre politique de La Libre. Si les électeurs se rendaient aujourd’hui aux urnes, l’équilibre des forces resterait en gros ce qu’il est aujourd’hui. Le MR, malgré un léger tassement reste en tête côté francophone, le PS poursuit son effritement, CDH et Ecolo confirment leur redressement. En Flandre, le CD&V/NV.A caracole toujours en première position. L’OpenVLD reste enlisé sans que le SPA puisse en profiter. Seule la liste De Decker tire son épingle du jeu.

 

Le retour aux urnes apparaît donc inutile, voire même dangereux tant il risquerait de radicaliser encore les positions rendant ainsi tout dialogue impossible.

 

Les partenaires actuels sont donc condamnés à s’entendre. Pour le meilleur comme pour le pire. Il reste 3 jours pour conclure et pour convaincre.

 

 

Commentaires

Le gouvernement fédéral suivant sera très faible. C'est inévitable, et c'est bon. Comme ça, les forces régionales deviendront plus fortes. Finalement, tout le monde verra que le niveau fédéral ne peut plus remplir sa tâche. Il faudra faire appel aux régions pour soutenir des tâches qui sont en principe fédérales, comme les pensions. Alors, les régions pourront conclure des accords directs entr'eux, et on n'aura plus besoin d'un gouvernement fédéral.

Écrit par : Karel Lemmens | 17/03/2008

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