Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

17/01/2008

Erika, un jugement pour l'avenir

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

Que peut bien valoir la mort d’un oiseau, d’un coquillage, la destruction d’un paysage ou d’un fond marin ? Jusqu’à présent seules les conséquences économiques objectivement chiffrables pouvaient être indemnisées. Par exemple la perte de chiffre d’affaire du secteur hôtelier suite à une pollution dans une zone touristique, ou encore l’anéantissement  d’un parc à huîtres ou à moules par une marée noire.

 

Mais la nature elle-même n’avait pas de prix, si l’on peut dire. Ce n’est plus le cas depuis hier. En France du moins. Car le jugement rendu par le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire du pétrolier Erika introduit, pour la première fois, la notion de « préjudice écologique ».

 

Cette décision pourrait faire jurisprudence et permettre à l’avenir à des associations de se porter parties civiles lorsqu’elles considèreront qu’une atteinte a été portée à l’environnement sans que, pour autant, des intérêts économiques aient été lésés. Dans le cas de la marée noire provoquée par le naufrage de l’Erika, ce préjudice écologique a bénéficié à la Ligue pour la protection des oiseaux.

 

Le jugement est exemplaire et historique : pour la première fois un tribunal a reconnu le vivant qui n’a pas de valeur commerciale.

 

Si cette jurisprudence est confirmée, car les  industriels pollueurs feront sans doute appel, un progrès considérable aura été accompli en matière de protection de la nature et de l’environnement. Cette jurisprudence trouverait à s’appliquer dans tous les cas de pollution industrielle et non pas aux seules marées noires.

 

Un jugement qui va dans le bon sens, celui d’une responsabilisation accrue du monde industriel et de la préservation du monde dans lequel nous vivons.

 

 

Les commentaires sont fermés.