Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

21/12/2007

Verhofstadt met le feu aux poudres

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Solstice d’hiver. Dès demain les jours rallongent. On verra si ce changement de saison est de nature à modifier la météo politique.

 

Guy Verhofstadt dont l’équipe est à présent au grand complet ne tient plus en place. Il agit. En homme pressé. Et il vient de frapper dur, là ou ça fait mal. Yves Leterme et son cartel CD&V/NV.A  ne sont pas encore remis de leur surplace de six mois que le Grand bleu met le feu au poudre et se la joue personnelle.

 

Sans doute Monsieur 800.000 voix est-il spécifiquement désigné pour piloter le groupe des 12 sages qui sera chargé de discuter de la réforme de l’Etat. Mais Guy Verhofstadt estime, lui, que la méthode Leterme a prouvé son inefficacité et que le temps des tranchées est dépassé. Vive la guerre de mouvement.

 

Et voilà donc que sans prévenir ses petits copains il annonce qu’il dépose « un pacte pour un Etat fédéral renouvelé ».

 

Il y sera question de compétences régionales,  de renforcement fédéral, de réforme du Sénat, de BHV. Cela ressemble fort à un bulletin qui énumérerait les échecs de l’élève Leterme.

 

Hier soir, le CD&V et la NV.A n’en croyait pas leurs oreilles et s’étranglaient d’indignation contre le Premier intérimaire.

 

Une note personnelle que celle de Verhofstadt ? Oui, da ! Mais il la joindra à son rapport au Roi.

 

C’est ce qu’on appelle couper l’herbe sous le pied de l’adversaire. Décidément, Verhofstadt est toujours là où on ne s’y attendait pas, lui qui durant huit années avait maintenu  fermement le couvercle sur la casserole communautaire  Une manière pour le Gantois de faire une dernière pirouette et de tenter de laisser une trace dans l’histoire institutionnelle belge.

 

 

Commentaires

Je suis étonné du peu de réactions que la vente des terrains communaux de Zaventem sucite tant chez les hommes politiques francophones que chez les journalistes ou éditorialistes d'expression française.
Il semble que le fait de "surtout ne pas jeter de l'huile sur le feu" prenne le pas sur toute considération. Se faire doubler par la commission européenne sur ce sujet est révélateur !
La survie de la Belgique vaut-elle le coût de passer sous silence ces dérives ou les pressions de la Flandre tant médiatiques que politiques (Leterme en tête) ont-elles un effet ?
Je voudrais dire ici que la survie d'un état, en particulier la Belgique, ne peut pas tout justifier. Car il faudrait cesser de défendre la Belgique comme "laboratoire européen de coexistence harmonieuse de deux communautés".
Pour trois raisons.
1. A part nous, ce "laboratoire" n'intéresse personne.
2. Cette coexistence n'a rien d'harmonieuse.
3. Le plus important : il y a comme une myopie nombriliste à penser que la coexistence de communautés à la belge est unique. Tous les pays d'Europe soi-disant homogènes sont confrontés au défi quotidien de faire coexister des communautés différentes sur leur territoire : la France, l'Allemagne, l'Angleterre ou les autres et vous le savez n'ont rien d'homogène. Ces pays eux aussi réalisent quotidiennement ce formidable défi du vivre ensemble sans sombrer dans les dérives propres à notre pays. La querelle belgo-belge n'est pas brillante en cela que les tensions communautaires cristallisent et figent l'action politique.
Ne serait-il pas temps de simplement considérer que le meilleur pour les habitants du Nord et du Sud est de se séparer serienement. Ce serait, enfin !, l'occasion de vivre en harmonie entre Flamands, Wallons et Bruxellois, quelle que soit la forme que leur destin individuel prendra (indépendance, rattachement, association, ...). Que je sache, nous ne passons pas nos journées à insulter ou à nous faire insulter par nos voisins français, allemands, luxembourgeois ou néerlandais. Pourquoi en serait-il autrement avec une Flandre indépendante ?
Au lieu de cela, j'assiste, incrédule, aux hoquètements sans fin d'un système politique qui tourne fou et d'un "laboratoire européen" qui a engendré un monstre bafouant les règles les plus élémentaires de protection des minorités (à coups de gifles) et de non-discrimination. Evénements dont l'écho s'évanouit avec leur répétition. L'affaire de Zaventem en est la dernière illustration.
Un seul sentiment : la tristesse. Mais surtout, surtout, "ne pas jeter d'huile sur le feu".

Écrit par : hippolyte | 21/12/2007

Les commentaires sont fermés.