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12/12/2007

Reynders, une stratégie perdante ?

Édito 

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Ainsi donc, la mission confiée par le Roi à Guy Verhofstadt serait sur le point d'aboutir. Les prémices d'un accord pour la formation d'un gouvernement transitoire auraient été trouvées. A Guy Verhofstadt le poste de Premier ministre pour les affaires urgentes. A Yves Leterme le poste de Premier ministre définitif vers la fin mars début avril, le temps de mettre en place le dispositif qui permettra de démarrer les négociations sur la réforme de l'Etat.

Ce gouvernement serait soutenu au Nord par le CD & V/N-VA et l'Open VLD. Au Sud le MR, le PS, le CDH et Ecolo monteraient en ligne. En tout, donc, 109 voix, soit la majorité des deux tiers tant recherchée. Cerise sur le gâteau, la N-VA ne serait pas même indispensable, en cas de problèmes.

Sur le papier, ça colle. C'est beau. C'est même trop beau pour être vrai. A vrai dire le MR la trouve mauvaise. Très mauvaise. Didier Reynders se tait dans toutes les langues et laisse à ses lieutenants le soin de manifester la mauvaise humeur des bleus. Tout juste a-t-il fait savoir que le contenu lui importait plus que les partenaires. Autrement dit, il a levé son exclusive à propos de la tripartite traditionnelle.

Tel que présenté, l'accord paraît s'être conclu sur le dos de l'homme qui rêvait d'occuper le poste de "primus inter pares" après 25 ans d'absence d'un francophone à la tête d'un gouvernement fédéral.

Au terme de six mois de crise durant laquelle il n'a cessé de revendiquer, de brandir son tout nouveau leadership francophone, Didier Reynders aurait été déshabillé. Lui qui proclamait que le centre de gravité de la politique avait basculé à droite en Wallonie et à Bruxelles aurait trébuché dans sa stratégie et, humiliation suprême, se retrouverait au pouvoir avec ces socialistes qu'il a matraqués tout au long de la campagne. A défaut de passer sous les fourches caudines de ses adversaires, il ne resterait au MR que la voie de l'opposition.

C'est un scénario impossible ! Le MR serait en mesure de bloquer la réforme de l'Etat. Et même un dégel des socialistes flamands ne permettrait pas de compenser numériquement l'absence des libéraux francophones.

La partie est loin d'être terminée. Didier Reynders n'a pas dit son dernier mot. Autour de la table, comme au poker, il faut savoir bluffer et garder ses nerfs.

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