Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

06/12/2007

Arcelor-Mittal : Liége prise en otage

EDITORIAL 

CIEL RADIO

par Michel Konen

 

 

 


Qui a promis quoi au patron du groupe sidérurgique Arcelor-Mittal ? Comme souvent en ce domaine il n’existe pas de traces écrites à ce propos. Mais le résultat est là : la région liégeoise est prise en otage de façon douloureuse. Lakshmi Mittal menace purement et simplement de ne pas remettre en ordre de marche le haut fourneau numéro 6. Une relance conjoncturelle, due à la forte demande mondiale d’acier. Une relance momentanée qui en aucun cas ne signifie un engagement à long terme. Mittal en reviendrait donc au plan initial : mettre fin à la phase à chaud de l’acier à Liège dans les deux ans.

 

En cause, les quotas de C02 promis, affirme Mittal, par l’Exécutif wallon. Une promesse faite par Elio Di Rupo alors encore ministre président du gouvernement wallon. C’était avant les élections, évidemment.

 

On aura plutôt tendance à croire Lakshmi Mittal : en effet si le groupe sidérurgique doit prendre seul en charge le financement de ces quotas de C02, le prix à la tonne produite augmente de 50€. Ce qui rend la production liégeoise non compétitive. Et on ne voit pas pourquoi le groupe sidérurgique, pour qui les contraintes économiques sont seules prises en compte, se serait engagé à relancer une production liégeoise condamnée à terme en toute hypothèse.

 

Au-delà de l’appel que lancent les wallons au gouvernement fédéral pour sortir de l’impasse, au-delà de la politique européenne rigide en matière de quotas d’oxyde de carbone, ce qu’il faut retenir ici c’est que certains ne semblent toujours pas avoir compris qu’il est dangereux de mélanger action économique et intérêts électoralistes. Pour sauver quelques voix, c’est toute une région qui risque de revivre les affres d’une restructuration qui a déjà durement frappé les populations au cours de 20 dernières années.

 

Question, si la région wallonne doit finalement s’engager financièrement, les 250 millions d’euros que cela pourrait lui coûter ne seront-ils pas gaspillés dans une industrie du passé au moment où le plan Marshall est un peu court en terme de monnaies sonnantes et trébuchantes ?

 

Pire encore, le redéploiement économique a été mis en veilleuse au cours des derniers mois. Compte tenu des sommes engagées par le sidérurgiste dans la rénovation du haut fourneau et de la méfiance qui s’installerait entre lui et les autorités politiques, Arcelor-Mittal ne va-t-il pas remettre en cause sa participation à ce redéploiement ? Et cet incident ne va-t-il pas échauder des investisseurs potentiels devenus perplexes face à l’attitude des autorités publiques wallonnes ? On veut espérer que ce scénario catastrophe n’aura pas lieu car alors Liége aurait perdu l’essentiel : une carte majeure de son avenir.

 

Les commentaires sont fermés.