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05/12/2007

Enseignement : la panne !

Editorial 

Ciel Radio 

 par Michel Konen

 

 

 

Hélas, trois fois hélas ! Pour la troisième fois de suite le Programme pour le suivi des acquis des élèves, l’enquête Pisa, décerne un mauvais bulletin à l’enseignement de la Communauté française de Belgique. Globalement, les élèves francophones se classent loin dans la mauvaise partie du tableau, largement sous la moyenne obtenue dans les 27 pays concernés par cette enquête.

 

Ce n’est pas qu’il n’existe pas de bonnes écoles. Au contraire, le fossé entre les plus forts et les plus faibles est le plus élevé de l’ensemble de l’échantillon.  

 

Depuis des années, les réformes succèdent aux réformes et l’enseignement francophone reste en panne. Contrairement à ce qu’a réussi la Pologne, nous ne parvenons pas à élever le niveau moyen des élèves. Les écoles, les plus faibles accueillent un public d’élèves socio économiquement très défavorisés.

La Flandre, elle, se classe dans le top cinq du classement.

 

On a dit et redit et il faut le répéter sans cesse, que la qualité de l’enseignement est une des conditions sine qua non du redressement économique de la Wallonie et de Bruxelles. Et l’on ne peut que constater que cette évidence n’est pas suffisamment prise en compte. Il faut investir massivement dans les établissements défavorisés, créer de vrais programmes de remédiation, accentuer les efforts sur les cours de base, en finir avec les multiples options au profit de tronc commun plus long, rendre à tous les enseignements, surtout  professionnels, leur dignité.

 

Tout le monde sait cela. Tout le monde le dit. Dans les discours. Dans les actes, on continue à privilégier l’idéologie où les mesures spectacle : le contenu des distributeurs de boisson ou des décrets inscription. Ce n’est pas ainsi que l’on améliorera la situation.

Commentaires

Monsieur Konen,

Eh bien, non, cette fois ci je ne peux pas souscrire à votre analyse... L'enquête Pisa est une enquête multicentrique, multinationale et... en principe scientifique.
Transformer les premiers résultats en projet politique est une erreur méthodologique.

L'échantillon de la précédente version -sensée évaluer les mathématiques- était méthodologiquement (volontairement ou non) biaisé : pas d'élève d'enseignement général en CF, seulement, au mieux, des éléves de technique dont les difficultés en mathématique sont pour la majorité d'entre eux patentes.
N'y aurait-il aucun élève d'enseignement général agé de 15 ans en communauté française ?

En ce qui concerne la présente livraison, votre collègue du standaard a -un peu comme vous et nombre de vos autres collègues ce matin- signalé dès hier les excellents résultats de la communauté flamande, significativement plus élevés que ceux de la communauté française.
Significativement, en statistique, renvoie à une méthodologie standardisée de comparaison d'écnathillons et reconnue.
Utiliser ce terme dans un tel contexte (une enquête "scientifique") est au minimum un abus de langage puisqu'il donne l'impression que l'écart est scientifiquement significatif...

Vous n'avez, pas plus que lui, mentionné que les résultats de la communauté française sont proches de ceux de la France tout entière...
Ni que -à première vue- les pays de langue latine sont moins bien classés que ceux de langue anglo-saxonne ou germanique.

Je m'en explique ce matin sur mon blog, mais poursuivrai cette analyse par la suite dès que les résultats seront disponibles au grand public...

Au plaisir de vous lire

PP

Écrit par : PourquoiPas | 05/12/2007

L'étude PISA démontre clairement que la Ministre Arena n'a obtenu qu'un nivellement vers le bas pour l'enseignement en Communauté française. Les parents le savent bien, c'est pourquoi ils ont été obligés à faire la file jour et nuit pour inscrire les leurs enfants dans les quelques écoles en Communauté française dignes de ce nom et qui situent à la moyenne de l'OCDE, ce qui en soit n'est pas une performance réjouissante. La Communauté française se caractérise, tant en sciences qu'en lecture, par des performances plus faibles que la moyenne internationale; En Flandre, c'est le contraire, Le Ministre Vandenbroucke, pourtant aussi socialiste, réussi un nivellement vers le haut. Tout cela démontre bien la stratégie électorale du PS qui justement souhaite un nivellement vers le bas, pour créer des adultes qui doivent êtres assistés par l’Etat et voteront donc PS. . La bonne moyenne belge ne doit en effet pas masquer la grande variation existant entre les différentes communautés du pays. Les moyennes obtenues par les élèves flamands, que ce soit en sciences, en lecture ou en mathématiques, sont largement supérieures à celles des germanophones, elles-mêmes bien plus élevées que celles des élèves francophones. Les performances des francophones sont par ailleurs en légère baisse par rapport à 2003. L'étude PISA démontre clairement l'incomptétence de la Ministre Arena pour l'enseignement. Pourquoi ne laisse-t-elle pas sa place de Ministre de l'Enseignement à quelqu'un de compétent? Je peux comprendre que le PS souhaite la garder comme Ministre Présidente, mais il serait à l'honneur de Madame Arena de confier l'Enseignement à quelqu'un de compétent.

Écrit par : Marc DeSomer | 05/12/2007

@ Marc DeSomer

Je suis désolé, mais comparer l'enquête 2003 (centrée sur les maths) à l'enquête 2006 (centrée sur les sciences) revient à comparer des pommes et des poires.
Je sais que c'est ce qu'a fait, fait ou fera la ministre de l'enseignement (comme beaucoup de commentateurs...) mais il s'agit là d'une erreur méthodologique voire d'une manipulation politique.

Il faudrait d'abord savoir si cette enquête est une étude scientifique -auquel cas il convient d'en critiquer la méthodologie pour en évaluer les limites (tout n'est pas à jeter...)- ou si par contre il s'agit d'une machine de guerre politique, auquel cas, elle a coûté trop cher...

Cette constatation ne change en rien me semble-t-il au caractère impératif d'une saine réflexion sur la qualité de notre enseignement.
L'évaluation de la qualité peut se faire sur le résultat (c'est le cas ici) ou sur le processus qui a conduit au résultat.
Si dans l'industrie l'évaluation de la qualité par le résultat est en général adéquate (qualité=produit fini correspondant au standard établi, norme ISO 900x, etc), l'évaluation de la qualité dans les services se fait habituellement sur base des processus (cf clinical pathways en médecine).
L'enseignement appartenant au secteur des services, il y a la une grossière erreur méthodologique qui malheureusement n'est pas assez dénoncée.

Bien à vous

PP

Écrit par : PourquoiPas | 05/12/2007

Certainement, chaque étude a ses limites, mais l'étude PISA de 2003 a demontré que la performance de l'enseignement en Wallonie est parmi les plus faibles pour chaque critère: mathématiques, sciences, aptitude à la lecture, inégalité.
Et la différence est significatif, non dans le sense statistique, mais dans le sense de 'important', même 'énorme' (j'ai les graphiques avec les résultats ici). Il y a eu peut-être une erreur méthodologique qui fausse certains résultats (par hasard seulement pour la Wallonie ?), mais il me semble improbable qu'on peut se baser sur ça pour nier qu'il y a un problème grave.
Il me semble très problable que la cause du manque de progres, ce n'est pas un manque de finances, mais plutôt la mentalité de la plupart des fonctionnaires en Wallonie, dont aussi le personnel de l'enseignement, qui ne prend pas au sérieux leur tâche. Le nombre de fonctionnaires est d'aileurs excessif. Le nombre de jours d'absence chez La Poste Wallone est 50 à 100 % plus haut qu'en Flandre. Je suis curieux de voir les chiffres d'absence dans l'enseignement. Je parie que le résultat est similaire. Ce n'est donc pas un problème de l'enseignement francophone, mais de la mentalité général très tolérant pour les abus en Wallonie et Bruxelles. La mentalité qui dit qu'on a droit à tout, sans obligations. Cette mentalité qui fait aussi que les francophones trouvent qu'ils ont droit aux transferts de la Flandre, mais pas l'obligation de justifier l'application de ces transferts.

Écrit par : Karel Lemmens | 05/12/2007

@ PP


Pour la troisième fois de suite PISA décerne un mauvais bulletin à l’enseignement de la Communauté française de Belgique.
Pour qui vous prenez-vous, vous qui ne signez même pas vos commentaires, pour vous permettre d'affirmer que les études PISA de L'OCDE ne sont pas scientiques? Il y a un large consensus dans la communauté de l'enseignement pour confirmer que PISA est l'étude la plus scientique.

Écrit par : Marc DeSomer | 05/12/2007

Ben tiens, il manquait un flam(ing)and(/t) qui vienne généraliser grossièrement les résultats de l' Etude Pisa, y combine l' abstentionnisme de la poste et en déduise un tare mentale globale des wallons pour enfin en tirer le couplet "transferts".

La différence majeure entre Flandre et Wallonie est dans l' ampleur des moyens consacrés à l'enseignement et dans la différence de niveau entre les meilleures et les plus mauvaises écoles. Le manque de moyens démotive très certainement les enseignants, tout comme une population scolaire globalement plus défavorisée fragilise les projets pédagogiques. Le résultat est simple : il y a en Wallonie de très bonnes écoles avec une très bonne approche pédagogique et de très mauvaises.

Il y a probablement une relation de cause à effet entre la persistance en Wallonie de décideurs et de syndicalistes attachés à la lutte des classes, qui à défaut d'avoir les moyens d'élever le niveau préfèrent casser les "bourgeois" dans ce qu'ils ont de plus cher , l'avenir de leurs enfants. Mais ce n'est pas une raison pour dépeindre le wallon comme un assisté congénital.

Écrit par : Phil70 | 05/12/2007

@ Monsieur DeSomer,

Je n'ai pas l'intention d'entrer ici dans le débat de l'utilité ou non de l'anonymat des blogueurs dits politiques.

Professionnellement, j'exerce -notamment- des fonctions de statisticiens dans une institution universitaire qui, pour la reconnaissance internationale de ses publications, a besoin de réaliser ses études selon une méthodologie reconnue en sciences sociales.

La déduction des caractéristiques d'une population (=tout le monde) à partir d'un échantillon (=quelques personnes dont on peut affirmer avec 95 chances sur 100 que les réponses ne seront pas différentes de celles données par la population) repose une méthodologie fondée sur le calcul des probabilités.
Le tout premier point est que l'échantillon doit être un échantillon tiré au hasard parmi l'ensemble des individus constituant la population.
Il se fait que dans le document

http://www.enseignement.be/@librairie/documents/EVAL/INTER/PISA2003/PISA2003_evaluation.pdf

qui émane de la communauté française, cet a priori ne semble pas rencontré puisque selon ce document, il n'y a pas d'élève du secondaire général inclus dans l'échantillon, ce qui du point de vue du sens commun est peu probable (même si cette probabilité existe mathématiquement).
Je m'en suis déjà expliqué sur

http://pourquoipas.blogs.lalibre.be/archive/2007/11/30/la-grande-illusion.html

Cette source d'information n'est peut-être pas valable et je serais très heureux que l'on m'en renseigne une autre plus correcte qui m'amènerait à réviser mon jugement.

Je ne prétend pas que l'étude n'est pas "la plus scientifique" disponible, ni même qu'elle n'est pas scientifique...
Je prétends simplement au nom de la méthodologie de recherche en sciences sociales que l'on fait dire à cette étude des choses qu'elle ne dit pas.
Voire même qu'on lui fait apporter des réponses à des questions qu'elle ne pose pas (du genre le petit flamand de 15 ans est plus intelligent que le petit wallon de 15 ans)

Je maintiens que comparer les résultats en sciences aux résultats en math et dire que l'on a avancé ou reculé d'autant de point revient à comparer des pommes et des poires. Si vous comparez les voitures rougs et les noires, les conclusions que vous pouvez en tirer ne pourront porter que sur la couleur, pas sur leurs consommations...
Ce type de comparaison abusive sert sans doute certains intérets politiques mais ne relève pas d'une quelconque méthodologie scientifique...
C'est une opinion, sans plus.
PISA ne peut servir d'alibi pour confirmer ou infirmer des opinions de cet ordre.

Vous avez exactement le même biais avec les tests de QI qui, ayant été élaborés au début du XXème siècle pour une population masculine montrent des résultats en moyenne inférieurs pour les filles.
Cela ne veut pas dire que les filles sont moins intelligentes, mais simplement que le test ne mesure pas qu'un type d'intelligence où la pluspart des filles sont moins performantes que les garçons.
Dire que les filles sont plus "bêtes" n'est pas correct.

L'enquete PISA a -au moins- le mérite d'exister.
Je souscris par ailleurs parfaitement à la majorité des commentaires de monsieur Karel Lemmens.

Mon propos pourrait se résumer à :"Ne faites pas dire à César ce qu'il n'a pas dit..."
Mais je suis pret à convenir que la méthode pour en juger est relativement complexe.
Raison de plus pour que les médias soient didactiques et critiques en la matière.

Bien à vous

PP

Écrit par : PourquoiPas | 05/12/2007

Le manque d'argent éventuel n'est pas une excuse pour la pauvre qualité de l'enseignement. Les résultats de PISA montrent que la qualité de l'enseignement est meilleure dans la Slovakie, en Pologne, en Tchéquie, en Hongrie… tous des pays avec moins d'argent que la Wallonie. Par contre, un pays comme le Danmark, qui donne plus d'argent à l'enseignement que les Belges, a une performance médiocre, voire très mauvaise pour les sciences. C'est donc surtout un question d'autres facteurs (motivation, organisation…).
D'ailleurs, l'enseignement francophone a déjà eu une augmentation du budget il y a quelques années. C'était la raison des accords de Lambermont. Si cela n'a pas aidé, c'est un argument supplémentaire pour dire que l'argent n'est pas le problème. Je crois que les professeurs francophones ont eu une augmentation de leur salaire. Est-ce que cela les a motivé à travailler plus ou plus efficace ? Le résultat n'est pas visible. Cela renforce mon argument que donner de l'argent sans engagement de résultat est une perte de moyens.

Écrit par : Karel Lemmens | 06/12/2007

Si je peux me permettre d'alimenter le débat...
Une petite correction, tout d'abord : l'étude PISA a été réalisée auprès de 400 mille élèves dans 57 pays, d'Europe en Asie en passant par le Canada, l'£Australie, la Corée ou le Japon, ce qui lui confère, me semble-il, une certaine valeur.
Par ailleurs, il serait peut-être utile de s'intéresser VRAIMENT à ce pays toujours aussi confortablement installé à la première place de l'étude PISA: la Finlande. Ce n'est pas à l'autre bout du monde. Et sa population -un peu plus de 5 millions d'habitants- n'est pas si éloignée de celle qui vit en Communauté française...
Une certitude : si le modèle finlandais n'est évidemment pas transposable "dans son ensemble", il y a de nombreux points dont on ferait bien de s'inspirer: formation universitaire et continue des enseignants, réseau unique, pas d'examen systématique en fin d'année pendant les neuf premières années mais remise à niveau constante des élèves qui décrochent (il y en a là aussi), gratuité ABSOLUE de l'enseignement (avec le transport, un repas chaud par jour et toutes les activités culturelles), sans parler des matières enseignées à TOUS les élèves qui comprennent, outre les matières de base, la musique, la couture et bien évidemment deux ou trois langues étrangères. Pour terminer, cettte info: les suédophones sont archi minoritaires en Finlande. Mais tous les finlandais apprennent le suédois. Et tout est bilingue dans ce pays que l'on appelle souvent, et à tort, le pays des mille lacs. Il y en a plus de 180 mille...

Écrit par : Philippe Antoine | 06/12/2007

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