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03/12/2007

Si Bart De Wever...

Edito

Ciel Radio

par Michel Konen 

 

 

 

 

 

Tout le monde y gagnerait, évidemment, si Bart De Wever, le communautairement sectaire président de l’aile séparatiste du cartel CD&V/NV.A, devenait officiellement le négociateur principal au sein de l’Orange bleue. Voilà qui éviterait de longues séances de nuit et d’inutiles suspenses. Chacun, autour de la table, saurait, tout de suite, sur quoi il y a accord ou non.

Yves Leterme n’est pas, en effet, le leader attendu de sa propre formation politique. Pour la troisième fois Monsieur 800.000 voix s’est fait déshabiller par son parti.

 Au 176ème jour de crise, après bientôt six mois de négociations, le pays se trouve déchiré comme jamais auparavant. Le fossé entre les communautés s’est transformé en abîme. Deux conceptions différentes de l’avenir de l’Etat Belgique s’affrontent.

A l’heure qu’il est et en attendant l’initiative royale de ce lundi, on ne voit pas quelle sortie de crise est possible. Après les exclusives répétées tout au long de week-end, il apparaît néanmoins que l’orange bleue, mathématiquement indispensable dans tous les cas de figure, garde le vent en poupe. Avec quel démineur, formateur, explorateur ou autre réconciliateur pour sortir de l’impasse ? Les libéraux francophones devraient venir à la manœuvre. Mais Reynders est devenu prudent dans ses ambitions et ne tient pas à se faire tirer comme un vulgaire pigeon de haut vol par un CD&V/NV.A revanchard.

Reste l’hypothèse Verhofstadt qui pourrait tenter de recoller la porcelaine, voire prolonger, en l’aménageant, son équipe actuelle en attendant les élections de 2009.

Quelle que soit la manière dont on envisage l’avenir, il ne fait aucun doute qu’un grand chambardement institutionnel est inscrit désormais à l’ordre du jour. C’est à cela que les francophones doivent se préparer prioritairement. Pour l’instant, on est encore loin du compte. Et, dans l’ambiance actuelle, c’est tragique !

Commentaires

Le CDNV est l'héritier du CVP qui a donné à la Belgique de nombreux hommes d'Etat et pas seulement des politiciens. Comment ce parti peut-il se laisser mener par un groupuscule de traitres, car comment appeller autrement ceux qui veulent la destruction de leur pays.

Écrit par : Mouriau | 03/12/2007

Bonjour,
Je suis séparatiste et je n'ai nullement le sentiment d'être un traitre : quand un pays formé de de deux (+1) communautés qui ne s'entendent plus en devient ingérable tout homme sage se doit de poser clairement le problème et d'y répondre d'une façon logique.

A quoi sert-il encore de s'attacher à la Belgique traditionnelle faite de francophones et de néerlandophones ? Il me semble évident qu'un nouveau compromis à la belge comme il s'en prépare un sera à terme et quoi qu'on fasse une nouvelle pierre dans le jardin francophone. Que ce soit en matière de sécurité sociale ou de respect des minorités francophones de la périphérie, demain sera moins bien qu'hier et il faut alors se demander, entre francophones, jusqu'où nous acceptons d'aller dans cette infinie descente aux enfers.

Voilà plus d'une demi-année que nous vivons en situation d'ingouvernance nationale sans que la vie n'en soit profondément affectée : les instances communautaires et régionales montrent combien elles pourraient suffir à elles seules. Pourquoi ne pas sauter le pas et décréter l'autonomie de la Flandre... Et de la Wallonie ?

Ostensiblement les responsables wallons s'attachent à un pays uni pour obtenir de celui-ci les retombées économiques principalement engrangées par la Flandre ; il me semble normal que les flamands puissent en avoir assez de "payer" pour qu'in fine la Belgique; dont ils n'ont plus cure, continue d'exister. Nous en avons tous, à titre individuel, raz-le-bol de payer des taxes et des impôts outranciers finançant des politiques stupides et inefficaces : pourquoi en serait-il autrement au niveau des régions ?

Personnellement je plaide pour la scission de la Belgique suivie d'une consultation wallone sur l'opportunité de nous rattacher à la France.

Écrit par : Philippe Hanchir | 03/12/2007

Et si en fin de compte ni monsieur Leterme qui a introduit le loup dans la bergerie en "montant" le cartel CD&V-NVA, ni la NVA n'avaient d'autre projet que de vider le contenu du niveau fédéral de toute substance, un tant soit peu politiquement consistante, au profit des régions... La Flandre y trouverait l'avantage d'une région-communauté homogène et autofinançable...

De gros nuages s'amoncèleront jusqu'à 2009 et il serait grand temps de renoncer au leurre "orange bleue" pour préparer une Communauté-Région francophone alter ego de la Flandre.

Malheureusement, les fourons de monsieur Di Rupo joints aux bourgmestres de monsieur Maingain occupent encore beaucoup trop de place dans l'esprit de nos politiciens.
Mais, lisez la presse flamande, ces obsessions jettent aussi le discrédit sur ce "front francophone" que nous, nous continuons à appeler de nos voeux pour un vrai nouveau projet.

bàv

PP

Écrit par : PourquoiPas | 03/12/2007

Et si en fin de compte ni monsieur Leterme qui a introduit le loup dans la bergerie en "montant" le cartel CD&V-NVA, ni la NVA n'avaient d'autre projet que de vider le contenu du niveau fédéral de toute substance, un tant soit peu politiquement consistante, au profit des régions... La Flandre y trouverait l'avantage d'une région-communauté homogène et autofinançable...

De gros nuages s'amoncèleront jusqu'à 2009 et il serait grand temps de renoncer au leurre "orange bleue" pour préparer une Communauté-Région francophone alter ego de la Flandre.

Malheureusement, les fourons de monsieur Di Rupo joints aux bourgmestres de monsieur Maingain occupent encore beaucoup trop de place dans l'esprit de nos politiciens.
Mais, lisez la presse flamande, ces obsessions jettent aussi le discrédit sur ce "front francophone" que nous, nous continuons à appeler de nos voeux pour un vrai nouveau projet.

bàv

PP

Écrit par : PourquoiPas | 03/12/2007

Bonjour,

Tout comme Philippe Hanchir, je suis francophone et séparatiste.

Il est navrant à faire, mais le constat d'échec du modèle fédéral à la Belge est patent. Censé apporter la "paix communautaire" et répondre aux demandes de reconnaissance de l'identité et de la langue flamande, il n'a jamais su maintenir la cohésion dans la diversité. Il n'a jamais pu empêcher le fossé de se creuser entre flamands et francophones, et surtout, il n'a jamais apporté à notre pays plus d'efficacité dans la gestion de nos affaires tant au niveau national qu'international!

Tandis qu'au fil des réformes de l'Etat que la Belgique a subi, nos plus grandes entreprises passant sous contrôle étranger, des pans entiers de notre économie sont sortis en dehors des sphères décisionnelles Belges.
D'autres "petits" pays comme les Pays-Bas, la Suisse, les pays Scandinaves pour ne citer qu'eux se sont bien mieux débrouillés que nous dans ce domaine, même si les effets de la "mondialisation" se fait également sentir chez eux.

Chez nous, terre du surréalisme, les politiciens de tous bords passent leur temps en inutiles et interminables palabres communautaires. Plus soucieux de leur image devant leurs électorats respectifs, en fait de gouverner, ils ne songent qu'à défendre becs et ongles leurs petites baronnies lucratives, étancher leur soif de pouvoir ou assouvir leurs délires nationalistes et identitaires.

Alors que gouverner c'est prévoir, l'on ne voit guère plus loin que les prochaines élections!
Alors que d'immenses défis se présentent à l'horizon (développement durable, mondialisation, recherche de sources d'énergies alternatives, vieillissement de la population, appauvrissement constant du "tiers monde", emballement de l'effet de serre, etc.) politiciens de tous bords font preuve d'une irresponsabilité sans nom en ne cessant de couper des cheveux en quatre ou en s'échangeant ukazes et insultes réciproques.

Tous le jours je travaille en région flamande et nos (encore) compatriotes flamands ne demandent pas autre chose que les francophones: de quoi sera fait demain? comment assurer un avenir pour nos enfants? quid du coût de la vie? comment se chauffer face à la montée des prix des combustibles fossiles dont nous sommes si dépendants?
Certes en raison de leur plus grande prospérité, ces questions se posent avec moins d'acuité.

Malheureusement, ce n'est pas avec eux qu'il faut s'entendre, mais avec les politiciens pour lesquels ils votent; Il en va de même pour eux. Force est cependant de constater que leur vote plébiscite des formations, sinon ouvertement séparatistes, au minimum confédéralistes. Ce qui si l'on s'en tient à la définition de juridique de confédération: association volontaire d'Etats indépendants et souverains, revient pratiquement au même!

Quant aux francophones, incapables de s'organiser économiquement et politiquement, incapables d'avoir su gérer le déclin de la sidérurgie wallonne, ils s'arquent-boutent vainement à une "Belgique de papa", morte aux lendemains de la seconde guerre mondiale et de la question royale.

Ils le font d'une façon tellement pitoyable que cela en devient ridicule.

Ridicules également les rattachistes qui, devant la peur atavique d'avoir à se prendre en mains, préfèrent tourner leurs regards vers la France.
Ce faisant ils cautionnent les discours de certains politiciens flamands argumentant que les francophones en général, et les wallons en particulier, sont des boulets dont il faut se séparer. Ils donnent en effet le sentiment d'assister au spectacle de rémoras, les "poissons-pilotes", qui, ayant perdu leur requin nourricier (la Flandre), se mettraient désespérément à la recherche d'un autre carnassier dont ils pourraient grapiller les miettes.

Tellement divisés, à la fois acharnés à conserver leurs baronnies électorales et à se rejeter mutuellement la responsabilité de l'échec collectif, ils ont oublié jusqu'à la signification de ce que peut être un projet de société. Une société où les valeurs socialistes de solidarité ("reçois ce dont tu as besoin et donnes ce que tu peux") se doivent d'être complémentaires des valeurs humanistes et libérales (liberté, responsabilité, respect de l'autre et saine concurrence, permettant cette émulation qui doit permettre à chacun de s'améliorer).

Alors faut-il céder aux exigences flamandes pour sauver la Belgique? Sûrement pas!
Certes, l'on peut trouver parmi certaines de leurs exigences pourtant "si raisonnables" quelques demandes légitimes, mais la façon dont elles sont mises sur la table (c'est à prendre ou à laisser) et l'incapacité que les francophones ont à formuler des contre-propositions acceptables (quant elles ne sont pas pour l'autre partie "irréalistes" ou simplement "onbespreekbaar"), font que l'inéluctable ne peut plus être évité. Tenter de le faire ne ferait qu'aggraver le problème.

La seule possibilité qu'il reste est celle d'une liquidation honorable de ce ménage dont plus personne ne veut; n'en déplaise aux 35.000 braves gens qui ont manifesté dans le froid le 18 novembre dernier. Et mieux vaut le faire vite, avant que la vaisselle ne se mette à voler...

Il n'y a pas d'illusions à se faire, personne n'y gagnera, bien au contraire, mais personne ne gagnera non plus à faire perdurer un Etat fédéral bancal qui ne satisfait qu'une minorité et frustre une majorité. Et puis se séparer avant que l'irrémédiable n'ait été commis, c'est se ménager une (toute petite) chance de se retrouver un jour...

Ceci dit, que cette note d'optimisme béat ne vienne pas entâcher ce post pessimiste, car je ne vois rien en l'avenir qui me donne de raison de me réjouir, hormis le visage de ma fille.

Bien à vous.

ps: Merci monsieur Konen pour ce blog et vos editos dont je me régale quotidiennement.

Écrit par : Manuel Schulte | 03/12/2007

Il n'est pas correct de considérer le NVA comme une petite fraction qui a réussi à imposer son agenda. Les élections, et les enquêtes plus récentes ont clairement démontré que la grande majorité des Flamands veut plus d'autonomie, et cette tendance se renforce. La demande pour plus d'autonomie est donc un choix démocratique de la majorité des Flamands. Les francophones doivent se poser la question si un peuple (par hasard les Wallons, mais la même chose est vraie pour n'importe quel peuple) a le droit moral de refuser l'autonomie à un autre peuple (par hasard les Flamands).

Écrit par : Karel Lemmens | 03/12/2007

Je suis assez surpris par le ton moqueur, voire meprisant de l'article de M. Konen aujourd'hui. Et je ne pense pas que c'est la premiere fois que je remarque ce style. Voyez le contraste avec p.ex. l'edito du Standaard d'aujourd'hui. On ne resoud pas une crise en insultant et ridiculisant les 'freres' avec lesquelles il faudra continuer a negocier et a vivre dans un pays, auquel on dit etre tres attache.

Écrit par : W. Van de Voorde | 03/12/2007

Parfaitement d'accord avec K.L.
Le programme de CD&V-NVA est approuvé par l'unanime parlement flamand. Notez aussi que NVA-VB-LDD représentent 35% des flamands et veulent aller beaucoup plus loin.

Écrit par : Luc Broes | 03/12/2007

@ Luc Broes, KL, enz.

Als jullie verder willen gaan, moeten jullie over "separatisme" met de franstalingen spreken. Dat wil alles (goed en minder goed en ook slecht...) meenemen.

35% van de vlamingen willen verder gaan. Dat is toch geen meerderheid... Er blift nog 65% die niet meedenken. Wat zullen jullie doen met al deze mensen.
Tot nu toe hebben we meestal Bart DeWever horen praten.

Zeg, waar is "verder"...

Écrit par : Marksön | 03/12/2007

N'est-il pas grand temps de constater que les politiques flamands ne veulent que garder Bruxelles (le temps qu'elle se flamandise) et les leviers de pouvoir internationaux ? Même s'ils se disent non séparatistes, le fait d'avoir un programme commun à un groupe séparatiste signifie qu'ils veulent aller vers ce séparatisme à moyen terme. N'est-il pas dès lors grand temps d'acter cela et de laisser Bruxelles et la Wallonie à la Belgique ? Faire cela aujourd'hui serait un acte de courage mais aussi de sauvegarde du peu d'atouts que nous avons encore ? Et je ne suis pas sûre que la Flandre serait aussi déterminée qu'elle ne l'est maintenant

Écrit par : mmodave | 03/12/2007

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