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16/11/2007

Nul ne ressent l'urgence ...

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Dans l’interview qu’il donne aujourd’hui à La Libre Belgique , Didier Reynders observe que ce qui « surprend ses collègues européens, c’est que le pays continue de tourner et que le Premier ministre, démissionnaire, continue à donner la position belge dans les sommets européens. Il n’y a pas de blocage. », conclut-il.

Et c’est vrai qu’au 159ème jour de la crise, les citoyens belges commencent à s’étonner, eux aussi, du peu de conséquences apparentes de l’absence de gouvernement.

 C’est que la Belgique a bien changé depuis des années. D’abord il y a les gouvernements régionaux et communautaires qui sont en place et qui gouvernent, eux. Leurs compétences économiques, sociales, culturelles, éducatives, sanitaires, etc. sont importantes et touchent immédiatement le côté visible de l’action politique. Les décisions essentielles pour la vie des gens peuvent être prises malgré la tempête qui agite le niveau fédéral.

 De l’autre côté de l’architecture institutionnelle il y a l’Europe. Là aussi, sur des matières essentielles qui lui ont été transférées au cours des cinquante dernières années, les décisions qui doivent être prises le sont. Et surtout, surtout, il y a l’Euro. Jamais, dans le précédent millénaire, le pays n’aurait pu se permettre une crise de ce genre sans mettre à mal le franc belge. La dévaluation de la monnaie nationale aurait impitoyablement, et rapidement, ramené les négociateurs au sens des réalités.

 Aujourd’hui, la Justice, la Défense nationale, la santé, ne présentent pas d’urgences vitales. Même le budget ne pâtit pas trop de la crise : le gouvernement en affaires courantes ne peut engager de dépenses nouvelles. Quant aux prix de l’énergie, souvent agité comme épouvantail, on sait bien que ce n’est pas le gouvernement belge qui détermine les prix du baril de pétrole.

 Non le vrai préjudice subi par le pays est invisible et touche essentiellement notre image à l’étranger. Ces conséquences-là ne seront perceptibles que dans plusieurs mois. Et saura-t-on jamais quels investissements nous avons ratés à cause d’une crise politique qui montre un pays menacé d’instabilité ?

Cette absence de pression intérieure et extérieure n’incite pas à l’optimisme : la crise peut durer longtemps encore. Nul ne ressent l’urgence, bien réelle pourtant, d’être gouverné

Commentaires

Personnellement, j'ai constaté que l'absence de gouvernement suite aux élections de juin a pour conséquence un pessimisme flagrant dans la population.

En effet, une grande partie des citoyens considèrent cette crise comme un grand guignol où les intervenants politiques oublient totalement les préoccupations légitimes du peuple. (inflation galopante dans l'alimentaire, le chauffage, les loyers, etc...)

Nombreux flamands,bruxellois et wallons ne demandent RIEN sur le plan linguistique mais beaucoup sur le plan économique.

La majorité des salaires tournant autour de 1200 € par mois entendent la pauvreté frappé à la porte.

Aussi, certains osent même prétendre que cette crise a été crée de toute pièce par le monde politique pour camoufler son incapacité à traiter les vrais problèmes des citoyens.

Écrit par : Carrefour632 | 16/11/2007

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