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20/10/2007

Un service minimum, très minimum

Édito

Par Michel Konen

Les négociateurs de l'orange bleue, "unis" autour d'Yves Leterme viennent, ce vendredi, d'engranger un nouvel accord. Et, cette fois, sans psychodrame apparent.

Ils nous promettent une gouvernance publique efficace, éthique et au service de tous. Dit comme ça, c'est un programme auquel chacun ne pourra qu'adhérer. Et même avec enthousiasme. Chaque citoyen que nous sommes a eu, à moult reprises, l'occasion de découvrir et, souvent, de pester contre les côtés à la fois courtelinesque, kafkaïens et surréalistes de nos services publics. On applaudit des deux mains. Et on jugera sur pièce. Ce n'est pas la première fois qu'on nous fait le coup. A ce stade, laissons le bénéfice des bonnes intentions aux négociateurs.

Mais, si le nouvel accord engrangé par le formateur a si belle allure c'est aussi parce que les sujets qui fâchent ont, prudemment, été reportés à la discussion budgétaire. Celle-là promet d'être au moins aussi excitante que Bruxelles-Hal-Vilvorde ! Ainsi en est-il, par exemple du cadre de la fonction publique. On sait que les bleus flamands sont particulièrement en verve sur ce sujet et veulent faire subir, non pas un dégraissage, mais une véritable cure d'amaigrissement aux administrations fédérales.

Et quand ils n'ont pas été reportés, les sujets qui énervent ont été édulcorés. Prenez le service minimum dans les secteurs sensibles, c'est-à-dire la santé, la sécurité, la mobilité, etc. : là on peut dire que les négociateurs y vont sur la pointe des pieds. On sent bien qu'ils marchent sur des oeufs et que la prudence des Sioux est de mise.

A la manière dont ils formulent les choses on perçoit qu'ils craignent que le simple fait d'en parler ne soit ressenti comme une provocation par les organisations syndicales. C'est pourquoi la question est renvoyée à la concertation sociale. Pour éviter, dit le CDH, que des mesures soient imposées d'autorité. Ben tiens !

André Antoine, le sémillant ministre wallon des Transports a dû avaler de travers. Voilà des mois qu'il tente de mettre en place, en vain, un service minimum dans les TEC, les bus wallons. Il accusait le gouvernement socialiste-libéral d'immobilisme législatif empêchant le valeureux wallon qu'il est d'aller de l'avant en ce domaine. Il devra patienter encore.

L'hiver s'annonce chaud dans le rail. Déjà. A bon entendeur !

Commentaires

Il est peu probable que l'orange bleue puisse aboutir à une gouvernance efficace. Ils ne sont pas crédibles. Leur recette pour moderniser l'Etat est de lutter contre ce qu'ils appellent la fraude. Un remède dans l'intéret de l'Etat lui-même!

Écrit par : Patrick H. | 21/10/2007

Etrange!

On essaye, sans avoir l'air d'y toucher, de réduire l'administration fédérale à sa plus simple expression tandis que les administrations régionales s'étoffent jour après jour.

Je suis peut-être parano...

Mais je crois qu'il s'agit d'un travail de sape pour faire disparaître l'Etat Belge.

Pour s'en persuader, il suffit de voir ce qu'est devenu notre armée et le peu de moyens efficaces donnés aux contrôleurs fiscaux

Plus grave, on tente de museler les syndicats en réduisant le droit de grève à sa plus simple expression.

Il est vrai que dans le milieu des travailleurs, au contraire du monde politique, il y a pas de clivage flamand-wallon vu qu'ils sont tous avec les mêmes ennuis.

Mais je suis certainement parano...

Écrit par : Carrefour632 | 21/10/2007

Non, pas parano, je crois aussi que ce dégraissage se fera au détriment de l'Etat fédéral.

Écrit par : Patrick H. | 21/10/2007

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