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09/10/2007

Orange bleue : un premier fruit

EDITORIAL

Ciel radio

Michel Konen 

 

Ca y est ! L’accord était au bout de la nuit ! Les peut-être futurs partenaires ont réussi, cette fois, à accorder leurs violons. La politique d’immigration et d’asile a été définie. Et la mine des négociateurs était réjouie, à 3 heures du matin, sur le trottoir devant le Parlement.

 C’est la première fois, depuis 120 jours, que l’orange bleue peut afficher un succès. Ce n’est pas trop tôt.

 Il était temps, en effet. Le doute s’insinuait dans les esprits. A quoi bon  poursuivre la tentative de mise en place de cette coalition ? Jusqu’ici, elle s’était surtout illustrée par un talent certain à mettre sur la place publique ses dissensions plutôt que ses points de convergence.

Dans tous les milieux, en Belgique comme à l’étranger, l’inquiétude gagnait les esprits devant la vacuité de la négociation. Ce n’est pas tant la longueur des discussions qui faisait naître le doute. C’est la manière dont les interlocuteurs agissaient. Que des discussions soient longues, ardues, émaillées de tensions, quoi de plus naturel : chacun veut marquer de son empreinte l’action future. Mais des progrès devaient être enregistrés, la volonté d’aboutir être affichée. Jusqu’ici, c’était tout le contraire, les négociateurs tournaient en rond. Un peu comme si chacun souhaitait l’échec sans vouloir en prendre la responsabilité.

Ce premier succès vient donc à son heure. Il est même symbolique. Il est engrangé le jour même de la rentrée parlementaire. Comme si ce mardi 9 octobre était attendu pour que la vie politique se remette enfin en mouvement. Certes la route reste longue et les écueils nombreux. Le dossier justice, ceux de la fiscalité, du budget ou de l’emploi attendent sur la table. Sans parler, évidemment, du dossier communautaire, celui par lequel tout peut se défaire.

Mais la machine, cette fois, s’est mise en route. Dans le panier de la coalition orange bleue, un premier fruit vient d’être déposé.

Commentaires

Oser sourire et être content d'en être arrivé là maintenant, c'est encore et toujours se moquer de nous, citoyens qui portons tous les frais et toute la honte de "nos politiciens choisis" ! Tous petits, dans leurs actes comme dans leurs paroles, ils se jettent des peaux de bananes et versent de l'huile puante sur le feu communautaire qui ne réchauffe que leurs ardeurs de faux boy-scouts toujours prêts, s'appelant de tous les noms d'oiseaux. Pauvres oiseaux, pauvres humains émigrés ! Tristes sires, nos grands manitous !

Écrit par : ycar | 09/10/2007

Allélouia ! Un premier accord ! Tout va pour le mieux ! La Belgique est sauvée !
Euh... Restons sérieux...
Pendant ce temps là, si les marchands de drapeaux se réjouissent (à Bruxelles) les Flamands, eux... préparent la suite.
C’est passé inaperçu (*), mais le 20 septembre dernier les directeurs généraux de l’administration flamande se sont réunis pour discuter d’un nouveau rapport à l’attention du gouvernement flamand. Rapport qui complète, précise et corrige les 95 revendications de réforme de l’Etat.
Ce rapport est rendu nécessaire dans l'imédiat, parce qu'on le sait, l’article 35 de la Constitution n’a pas été déclaré révisable. Pourtant, celui-ci stipule que les compétences résiduaires sont allouées aux Communautés et Régions alors que le pouvoir fédéral est responsable de tous les sujets qui lui sont spécifiés. Embêtant parce qu’il serait logique qu’il devienne d’application le plus rapidement possible dans l’objectif d’obtenir les compétences plus homogènes, une plus grande autonomie fiscale ou encore une division des compétences fédérales comme la Sécurité sociale, le Droit social ou la Justice…
Bref, les Flamands travaillent sur un texte apportant des précisions sur les changements législatifs nécessaires à un approfondissement de la régionalisation. C’est de bonne guerre. Les Flamands préparent l’avenir.

Et si on analyse plus en profondeur certains thèmes, on peut se dire que, par exemple, les habitants francophones de Flandre (Communes à facilités, Fourons, et autres…) auront bientôt des raisons supplémentaires de s’inquiéter. On sait, et les partis qui se disent défenseurs des ces habitants francophones en font grand cas, que la pression internationale pousse à la ratification de la « Convention cadre pour la protection des minorités ». Les directeurs généraux de l’administration flamande en sont à formuler une « définition juridique étanche de la minorité nationale qui ne présente aucun danger pour les principes de territorialité et la législation linguistique ». Pas mal, non ?
Il en va ainsi pour d’autres domaines, comme la régionalisation complète du Commerce extérieur, les soins de Santé, l’autonomie fiscale, les représentations au sein des conseils des ministres européens, les organismes scientifiques restés fédéraux, etc…

Je ne sais pas s'il y aura finalement un gouvernemeent, et de quelle couleur il sera, peu importe finalement. Tant que la valeur ajoutée de la Belgique sera supérieure à la moins-value d'une Flandre indépendante inconnue sur la scène mondiale, la Belgique survivra dans l'intérêt de la Flandre.

Organisés, prévoyants et fidèles à la feuille de route historique du Mouvement flamand, ces exigences bien ficelées vont continuer à donner des cheveux gris à ceux qui en face se contentent de faire comme si c’était le fait d’une « minorité d’extrémiste et que comme nous sommes tous belges, le bon sens prévaudra » et qu’il faut continuer à n’être demandeur de rien.

Les Flamands auront ainsi bientôt « tout » ce dont ils ont besoin et, en face, « bêtement belges tous seuls », les partis francophones traditionnels n’auront « rien ». Comme ils l’auront voulu et annoncé… pour notre plus grand malheur.


(*) Sauf pour Trends-Tendance du 20/09...

Écrit par : Claude Thayse | 09/10/2007

Ce premier fruit est-il comestible pour la gauche ? L’immigration économique n’a-t-elle pas toujours été une source de dumping social ? Qu’adviendra-t-il des salaires, de la sécurité sur les lieux du travail ainsi que des maladies professionnelles ?
Enfin, pour une fois, J Milquet a fait preuve de courage : elle a dû affirmer une position claire !
D’habitude, elle est toujours emberlificotée et la faiblesse de l’interconnexion électrique de mes neurones n’arrive pas toujours à suivre son raisonnement. Descartes est-il d’ailleurs toujours présent dans ses pensées ?

Écrit par : lefrontalierpedibus | 09/10/2007

Info relayée sur http://lepolitiqueshow.dhblogs.be

Bien à toi.

Écrit par : Mateusz Kukulka | 09/10/2007

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