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09/10/2007

Orange bleue : grandir ou mourir !

Editorial

La Libre Belgique


Par Michel Konen

Demain, il y aura quatre mois que le pays vit sans gouvernement. Le monde ne s'est pas écroulé, certes.

Les voix se multiplient aujourd'hui, partout, pour dire que la crise a assez duré. Que l'absence de gouvernement commence à produire des effets pernicieux et dommageables pour le pays.

Nos voisins, nos partenaires européens observent eux aussi, interloqués et inquiets, l'évolution de la Belgique, pays qui se gargarise d'être la capitale de l'Europe : les uns ont déjà tiré un trait sur une "Belgique accident de l'histoire", les autres comprennent mal nos forces centrifuges au moment où l'enjeu est d'accorder 27 pays entre eux.

Quatre mois ! La chose, n'aurait rien de dramatique si des progrès avaient été enregistrés. C'est là le noeud du problème. A ce jour les coureurs sont toujours dans les starting-blocks. Jusqu'ici on n'a vu que des séances d'échauffement. On ne sait même pas s'ils se sont engagés dans la même course.

Quatre mois ! Et rien, ou si peu ! L'arithmétique politique privilégiait l'option orange bleue. Et, en 120 jours, aucune autre combinaison n'a été recherchée. Le bilan est donc d'autant plus désespérant. Et inacceptable.

Voici enfin, depuis une semaine, que les négociateurs ont quitté le terrain communautaire - où les thèses restent inconciliables - pour négocier le volet socio-économique du programme d'un futur gouvernement. Engranger des accords sur ce terrain pouvait être la clef qui permettrait de faire sortir des tranchées les fantassins de l'institutionnel.

On ne peut donc être que déçu devant la tournure des événements : ici aussi les négociations sont languissantes.

Et comme on dit dans les marolles : "trop is te veel". Que les peut-être futurs partenaires soient à couteaux tirés sur le volet communautaire, soit. Mais sortis de ce bourbier il est urgent, extrêmement urgent que les quatre partis concernés fassent la démonstration qu'ils ont envie de gouverner ensemble. Désormais les atermoiements ne peuvent être que funestes et miner le - peu - de crédit du futur gouvernement. Des dossiers difficiles - justice, fiscalité, budget - attendent. Que ceux qui ne sentent pas à l'aise dans une coalition de centre-droit le disent et s'en aillent. Quitte à faire mourir l'orange bleue.

Commentaires

Très étonné de cet éditorial. Tout d'abord, arrêtons de faire croire à des effets pernicieux et dommageables... Restons sérieux face à une crise sérieuse. Il est évident que l'on peut trouver à redire à propos de nos représentants politiques... que nous avons bien élus. Peut être leur manque de discernement mais certainement pas leur manque de sérieux. Ce que j'apprécie encore moins dans cet édito, c'est qu'on a l'impression de faire croire que le dossier 'immigration' n'est pas important. Pas d'accord du tout, Mr Konen. Et encore moins d'écraser sa propre sensibilité dans le cadre d'une négociation gouvernementale. La Belgique, c'est l'art du compromis et cela prend du temps. C'est aussi, à terme, du temps gagné. Il semble d'ailleurs que la nuit de négociation a donné des résultats intéressants. Votre fin d'édito est lamentable : c'est la meilleure façon d'ajouter encore de l'huile sur le feu. Vous avez une alternative crédible, peut être ?

Écrit par : Bontemps | 09/10/2007

Règler le dossier "immigration" est certes très important et vouloir à tout prix faire passer les options fondamentales du programme du cdh en cette matière était fondamental. Mais il ne faudra pas oublier dans cette "aventure" qu'il y a lieu aussi de promouvoir l'emploi des habitants de ce pays, qu'ils soient autochtones ou allochtones,en particulier l'emploi de nos jeunes. Tout entreprendre pour d'abord servir nos enfants, quelles que soient leurs origines, me semble une deuxième priorité à promouvoir par le cdh. et la presse peut en cette matière aussi jouer un rôle d'information et de promotion sans tenir compte ici comme ailleurs d'une frontière linguistique.

Écrit par : Robert DE CLERCK | 10/10/2007

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