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01/10/2007

Le formateur aura besoin de l'encadreur !

Editorial La Libre Belgique

01.10.07


Par Michel Konen

 

L'explorateur, enfin !, n'explore donc plus. Le Roi a mis fin à sa mission. Le Souverain estime qu'il existe désormais assez de points de convergence pour passer à la vitesse supérieure. Il a remis en piste Yves Leterme dans le rôle de formateur.

Mais la partie s'annonce d'ores et déjà délicate. On ne sait pas exactement ce que contient la note de l'explorateur. Si ce n'est qu'elle délimite une "méthode" de travail et un "phasage" de la réforme de l'état. On sait aussi que l'explorateur a réussi à créer un climat de confiance entre les chefs des différentes tribus. Ce n'est pas rien mais tout cela reste très fragile.

Pour s'en convaincre, il suffit d'entendre les différents chefs des tribus oranges et bleues. Dans la plus pure tradition politique belge, l'encre de l'accord passé par les "peut-être futurs partenaires" n'est pas encore sèche que chacun y va de son interprétation.

L'explorateur a délimité le terrain sur lequel les tribus sont invitées à planter les graines de l'orange bleue. Mais le terrain reste miné. Et si les chefs acceptent désormais de se réunir en pow-wow, ils n'en sont pas à fumer le calumet de la paix. Leurs troupes restent tapies dans la jungle, en bordure du terrain à cultiver, prêtes à en découdre.

Sans parler de la tribu rouge, qui se veut soudainement plus catholique que le Pape et tente d'allumer des feux de brousse de diversion dans un petit coin connu sous le nom de Fourons, autrefois haut lieu de la résistance des tribus sudistes.

L'explorateur, Herman Van Rompuy, est appelé à jouer un rôle décisif dans la négociation qui s'annonce. Il sera le garant du respect de la lettre et de l'esprit de l'accord-cadre qu'il a présenté à Albert II. Il sera "l'encadreur", celui qui veillera à ce que la partie se joue dans le terrain, qui sifflera les fautes de main, les tackles fautifs et les hors-jeu. Et, on peut en être certain, il y en aura !

Yves Leterme oeuvrera donc sur un terrain balisé. Le match, y compris sur le terrain socio-économique, n'est pas gagné d'avance en ce qui le concerne. Monsieur 800 000 voix - récoltées en Flandre, uniquement - a gâché beaucoup de son crédit en se comportant comme un ministre- Président flamand en terrain conquis. On attend de lui qu'il adopte désormais uns stature fédérale. Celle d'un homme capable de trouver les compromis au bénéfice de toute la population du pays.

En sera-t-il capable ? Nous serons vite fixés. Lui, en tout cas, joue sa dernière carte. L'histoire ne repasse pas deux fois les plats.

Commentaires

La nomination d’Yves Leterme en tant que formateur ne suscite pas un grand enthousiasme. Certains en Flandre doutent de ses capacités à réussir là où il a déjà échoué une première fois. D’autres du coté francophone craignent le retour en force des revendications communautaires. De fait, les discussions communautaires sont annoncées sur la fin, après le volet socio-économique. Cette approche avait pourtant déjà été critiquée la première fois.

A l’instar de la mission écourtée de Jean-Luc Dehaene, celle de Herman Van Rompuy ne laisse-t-elle pas un petit goût d’inachevé ? Le CD&V veut tout mais ne s’est pas mis d’accord sur l’essentiel : le comité des sages a été reporté aux calendes grecques et le phasage annoncé n’augure rien de bon pour la campagne électorale de 2009.

Soyons clairs ! Nous devons redéfinir la structure institutionnelle de notre "nouvelle" Belgique au sein d’une médiation pour les réformes institutionnelles, idéalement avant les élections de 2009 (imaginez-vous la surenchère communautaire si ce n'est pas le cas ?). La nomination d’Yves Leterme en tant que formateur aurait dû s’accompagner de la nomination parallèle d’un ou deux médiateurs (royaux) chargés de mettre en place et de conduire cette médiation pour les réformes institutionnelles. Celle-ci permettrait de distinguer les questions institutionnelles et communautaires de la formation du gouvernement.

Ce n’est pas le cas : le communautaire risque à nouveau de s’insinuer dans le reste et rend probable un nouvel échec sur la fin (et donc une perte de temps supplémentaire…). Herman Van Rompuy, désormais sous-fifre d’Yves Leterme, se chargera de l’institutionnel dans des conditions mal définies. La faute à qui ? La faute au CD&V qui n’a pas su se mettre d’accord en son sein. La faute aux partis francophones qui n’ont pas su imposer cette médiation distincte de manière ferme et unanime. La faute aux élections de 2009 que les flamands annoncent déjà très communautaire.

Triste Belgique ! Que faire maintenant ? Leterme formateur est un choix légitime mais lui laisser le communautaire et l'institutionnel entre les mains est une erreur. Les francophones pourront-ils encore la corriger en imposant une méditation distincte pour les questions institutionnelles ? Pas sans être unis et fermes en tout cas !

Écrit par : Xav | 01/10/2007

01/10 20 heures 20

Si j'ai bien compris les informations données dans les deux JT francophones et singulièrement les déclarations de Reynders, on est revenu à la case départ et l'intermède de Van Rompuy n'a servi à rien d'autre qu'amuser la galerie. Que De Wever n'accepte pas la moindre concession n'augure rien d'autre que l'implosion du parti de la droite flamande voulue d'une manière délibérée afin d'entraîner la Belgique dans son geste. Au(x) fou(s)!!!

Écrit par : André.M | 01/10/2007

je me demande si mme Milquet en rompant le silence ne tente pas desesperement de faire capoter les negotiations, ne reve-t-elle depuis avant les elections de gourverner avec son grand frere PS. Je n'ai aucune sympathie pour monsieur Leterme mais il faut reconnaitre que madame Milquet ne lui facilite pas la tache. Je crois que cette dame joue un jeu dangereux, celui de radicaliser la Flandre chaque jour un peu plus. Elle est la presidente d'un petit parti et doit apprendre egalement le respect des engagements et celui des autres

Écrit par : d goossens | 02/10/2007

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