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11/09/2007

Cherche Belgique désepérément...

Édito du 10/09/2007

Un trimestre, trois mois, 93 jours. Depuis le 10 juin 2007, date des élections, jusqu'à aujourd'hui, 10 septembre, le temps semble avoir suspendu son vol.

D'informateur en démineur, de formateur en explorateur, le pays politique reste figé.

Ces trois mois immobiles ont pourtant été instructifs. Ils ont révélé le fossé qui sépare désormais les Flamands des francophones.

Les moins exigeants, au nord, réclament le confédéralisme : tous les pouvoirs aux Régions et un Etat fédéral croupion. Les autres se situent clairement dans la voie séparatiste ou indépendantiste.

Au sud du pays, c'est le sauve-qui-peut général et dans le désordre. La seule réponse francophone aux exigences flamandes est de dire non. C'est un peu court, trop court.

Ce que les 93 jours passés ont révélé c'est l'impréparation des francophones face à une Flandre qui, à tort ou à raison, pense, comme le disait crûment Yves Leterme avant les élections, que la Belgique n'a plus de valeur ajoutée.

La Flandre veut prendre son destin en main. Les francophones ont peur de se retrouver face à leur destin.

Le constat est cruel et amer. Il illustre pourtant ce fait politique majeur : les francophones n'ont pas vu venir les revendications flamandes ou, pour le moins, n'ont jamais imaginé qu'elles prendraient de telles proportions. C'est une faute, une grande faute !

La coalition orange bleue, si elle voit le jour, ne sera sans doute pas celle qui mènera au grand soir institutionnel. Les francophones gardent les moyens, cette fois-ci, de bloquer la marche de la Flandre. Mais c'est la dernière fois.

La Belgique a rendez-vous avec l'histoire : si pas cette fois-ci, du moins dans quatre ans. Au plus tard !

Ce que la crise actuelle a révélé, c'est que Flamands, Bruxellois et Wallons ne se connaissent plus; qu'ils n'ont plus de projets communs pour faire exister la Belgique. Pas un pays au monde ne peut résister, à long terme, à des volontés si divergentes en matière d'organisation de l'état.

Les citoyens, du nord comme du sud ont le droit de savoir, clairement, quel est l'agenda des partis politiques. Au nord comme au sud, les citoyens doivent être mis en position de choisir leur destin. Les choses sont plus claires côté flamand, elles sont obscures côté francophone.

Nous n'échapperons pas au débat. Il convient dès à présent de préparer notre futur.

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