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29/08/2007

Les enfants de la Belgique de papa

Édito

"La Belgique de papa a vécu". La formule est de Gaston Eyskens. Elle date de 1970. La crise de l'université de Louvain vient de produire ses pleins effets : pour la première fois le fait communautaire impose de redessiner les institutions politiques.

Ce n'est qu'un début.. Egmont, Stuyvenbergh ou Fouron, par exemple, seront autant de crises qui verront grandir et s'imposer une nouvelle génération d'hommes politiques. Les Martens, Tindemans, Dehaene, Deprez, Spitaels, Gol et aussi Van den Brande - "Plus un franc flamand pour l'acier wallon" - ou les Happart - "J'ai rendez-vous avec l'histoire" - sont, d'une certaine manière les héritiers de la Belgique de papa. Une Belgique qu'ils n'auront de cesse d'adapter, de bricoler, parfois, jusqu'à imposer, dans les années 80 le concept de "fédéralisme d'union" .

Ils y croiront, tous, à cette grande réforme créant Régions et Communautés. Martens se persuadera même que cette réforme serait la dernière : "La loyauté fédérale",comme on disait alors, avait la cote.

Ces architectes institutionnels, ou plombiers, au choix selon le point de vue, avaient au moins un avantage : ils se connaissaient par-delà la frontière linguistique. Normal, ce sont eux qui ont liquidé les partis nationaux.

Une génération a passé... Les nouveaux héritiers sont arrivés.

Leterme, Peeters, Somers, De Wever sont devenus des inconnus pour les francophones. Milquet, Marcourt, Kubla et autres n'existent pas en Flandre. C'est là, sans doute, une des raisons majeures pour laquelle la "mayonnaise" a tant de mal à prendre entre les "peut-être futurs partenaires". Ils ne se connaissent pas, ou peu et en tout cas, pour l'heure, mal.

Aujourd'hui, donc, c'est la crise. C'est ainsi du moins que l'analyse le Palais royal. Albert II a choisi de dramatiser la situation en convoquant "ses" ministres d'Etat, "ses" sages, ceux qui, pour avoir pendant plus de vingt ans négocié sur le terrain communautaire, sont devenus des "experts du compromis à la belge". Seront-ils en mesure de transmettre "leurs recettes" ? Rien n'est moins sûr quand on se souvient comment, voilà moins d'un mois, le CD&V/NV-A a liquidé Jean-Luc Dehaene !

Mais ce qui importe aujourd'hui c'est que le Roi a repris la main. Il adresse, en convoquant les ministres d'Etat, un signal fort aux négociateurs actuels et les appelle à retrouver leur sang-froid ! Et, d'une certaine manière, exemples vivants à l'appui, leur dit : il n'est point de salut en dehors du dialogue.

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