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24/08/2007

Il n' y a pas de quoi se réjouir

Edito 

Il s’était vu chef d’orchestre ! Il n’aura été, en fin de compte, qu’un piètre soliste jouant faux une mauvaise partition. Yves Leterme, formateur suspendu, quitte le devant de la scène et regagne les coulisses sans un bravo.

C’est une sage décision : monsieur 800.000 voix a montré qu’il n’était pas l’homme de la situation; que, contrairement à ce qu’il croyait, il n’avait pas plus de talent que Dehaene pour déminer le terrain. Il avait trop de confiance en lui-même et pas assez la confiance des autres.

Cette démission met aussi en cause la stratégie flamande : le passage en force. Joëlle Milquet a eu raison de refuser, fermement, obstinément et souvent seule, d’entrer dans cette logique qui consiste à imposer aux francophones l’établissement d’un catalogue de revendications flamandes pour lesquelles il n’existe qu’une majorité des deux tiers trouvant ses assises au nord. C’est une absurdité de la part du CD&V/NV-A de vouloir, encore et encore, sans jamais rien proposer d’autre, imposer ce diktat aux francophones.

Mais l’échec de Leterme ne doit réjouir personne. Il illustre la profonde divergence entre la Flandre et la partie francophone du pays quant à l’avenir de l’Etat belge. Nul ne doit se faire d’illusions : la partie va reprendre, plus dure, plus âpre. Il ne sera pas possible, et il n’est pas souhaitable, que le front francophone n’existe que dans la peur du changement.

Le pitoyable spectacle offert mardi par les partis francophones réunis pour faire le point sur la situation ne doit pas se renouveler. Il est vital qu’enfin les responsables politiques du sud du pays définissent les lignes de force de l’avenir et se préparent à l’inévitable : la définition, la réécriture d’une nouvelle Belgique. Les institutions actuelles sont en fin de vie. Il va falloir, qu’on le veuille ou non, dire quel Etat on veut, pour qui, pour quoi.

C’est en dehors d’un gouvernement que la solution doit être recherchée. Le Congrès de 1830 avait, en partant de rien, dessiné la Belgique. En 2007, il doit être possible, au sein d’une convention regroupant l’ensemble du monde politique, en se situant au-delà des médiocrités partisanes, en songeant au bien commun, de réinventer, de réécrire ce pays qui est le nôtre !

C’est à ce dialogue-là que les francophones doivent se préparer. Cette histoire-là ne s’écrira pas l’un contre l’autre, ce serait l’explosion. Elle ne s’écrira pas non plus l’un sans l’autre, ce serait l’évaporation. Elle ne peut s’écrire que l’un avec l’autre, ensemble.

Commentaires

Je suis tout à fait d'accord avec vous sur le fait qu'une convention est nécessaire.

Mais je crois qu'il faudrait absolument faire un réferendum national pur savoir si la population veut, oui ou non, la disparition du pays.

Écrit par : Bruno | 25/08/2007

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