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05/01/2009

Cent jours pour convaincre

Édito

Mis en ligne le 02/01/2009

Par Michel Konen

Tout Herman Van Rompuy tient sans doute dans ces quelques mots : "Avancer pas à pas, sans créer de grandes attentes" et "le pays doit être gouverné, c'est ça mon choix". Pas d'esbroufe, mais le sens du devoir.

Il a beau la jouer modeste, le programme qu'il a présenté à la Chambre n'en est pas moins ambitieux. Très ambitieux. Le plan de relance, l'accord interprofessionnel, les commissions d'enquête Fortis, le retour à la rigueur budgétaire, la sécurité sociale et la réforme institutionnelle, voilà le menu que s'est donné le gouvernement Van Rompuy Ier. Il réaffirme aussi, et avec force qu'il restera Premier ministre jusqu'en 2011 - même si un lapsus, révélateur ?, lui a d'abord fait dire 2009 ! Pas question dans son esprit, maintenant qu'il a accepté la charge, de repasser les plats à Yves Leterme si ce dernier sort indemne de la commission parlementaire chargée d'examiner si le gouvernement a fait pression sur la justice dans le dossier Fortis. Cette fois, puisqu'il y est, il restera. Jusqu'au bout ! Et pour réussir ce pari, Van Rompuy a scandé un mot durant son discours, comme un mantra : "Confiance". Il veut restaurer la confiance.

On connaît le menu. Reste à voir le calendrier. Il est court. Très court. Pareil à celui de Napoléon rentrant d'exil de l'île d'Elbe. Et on souhaite à Van Rompuy que la période ne termine pas par un Waterloo politique.

Le 48e Premier ministre de la Belgique dispose au plus de cent jours, c'est-à-dire jusqu'à la mi-avril. Si d'ici là il n'a pas pu restaurer la confiance, il ne pourra que constater l'échec de son action. Nous serons alors en pleine campagne électorale et plus rien ne sera possible. L'enjeu est donc clair; il doit d'abord instaurer la confiance, qui a si cruellement fait défaut jusqu'ici, à l'intérieur même de son équipe gouvernementale. Il doit rendre confiance à son parti, le CD&V, aussi instable qu'un camion de nitroglycérine. Il doit rendre confiance aux syndicats, aux entrepreneurs, au pays tout entier.

Pour réussir ce pari, il devra agir vite et fort, avec obstination, avec cohérence, avec imagination. Le pari n'est pas gagné d'avance. Mais on devine que l'homme, s'il a fini par céder à l'appel du devoir, le fait avec l'extrême volonté de le réussir.

Cent jours pour convaincre ! Pas un de plus.

12:58 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : politique, van rompuy

31/12/2008

Bonne année ! On en aura bien besoin

Édito

Mis en ligne le 31/12/2008

Par Michel Konen

En guise d'étrennes, donc, la Belgique et ses habitants reçoivent un Van Rompuy I er. Le cadeau est d'importance : un gouvernement dont on ne sait trop s'il faut le considérer comme un modèle tout neuf n'ayant jamais servi ou comme un de ces rafistolages maison dont notre pays a le secret.

Mais puisque l'heure est aux bons vœux, ne lésinons pas : longue vie à l'équipe de l'ami Herman, que le travail de ce gouvernement soit harmonieux et efficace, que chacun range son ego dans le tiroir et joue collectif, que les petits intérêts électoralistes laissent la place à l'intérêt collectif, que le sens de l'Etat remplace les ambitions partisanes. Il ne faut pas être avare de bons vœux pour ce gouvernement : 2009 s'annonce comme une de ces années à marquer d'une pierre noire dans l'histoire économique.

Et puis, franchement, cela nous changera des tragi-comédies auxquelles nous avons eu droit au cours des 18 derniers mois. Alors formons ces vœux de manière très forte et très sincère. Il faut même être un peu superstitieux, à vrai dire, pour croire que les choses seront aussi idylliques.

Les choses ont pourtant bien commencé : moins de quinze jours pour changer le cocher - qui est entré à reculons au Seize rue de La Loi, c'est vrai - et 72 heures seulement - après la mission du fringant explorateur Wilfried Martens - pour effectuer les transferts permettant de reconstituer l'équipage.

Autre bon point : Van Rompuy, qui a cédé à son austère devoir, n'a plus une carrière à faire. Et s'il est sur la même ligne que son parti concernant les objectifs institutionnels, du moins n'est-il pas obligé de faire dans la surenchère communautaire. Enfin, le nouveau premier ministre est un véritable expert budgétaire, un "père la rigueur", même. Et comme nul ne l'ignore le budget est le premier dossier que ce gouvernement aura à gérer. Le brouillon dont il hérite relevant de la plaisanterie.

Non le problème pour ce gouvernement s'appelle CD&V. Les sociaux-chrétiens flamands sortent écartelés de cette crise. Revoici venu le temps des clans et des haines corses. Et donc le temps des petits meurtres entre amis. Pour régler ces problèmes internes les sociaux-chrétiens flamands n'ont jamais hésité à prendre le pays en otage. A voir leur comportement ces dernières 48 heures, il faut craindre que le pire ne soit certain.

14:26 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : politique, van rompuy, cd&v

26/12/2008

Joyeux Noël! Et si c’était vrai?

Édito

Mis en ligne le 24/12/2008

Par Michel Konen

 

Ce qui était sec, Dieu l’appela "terre", et l’amas des eaux, il l’appela "mers". Et Dieu vit que cela était bon".

Et Frank Borman terminait ce passage de la Genèse par ces mots: "Et de la part de tout l’équipage d’Apollo 8, nous terminons par, bonne nuit, bonne chance, un joyeux Noël, Dieu vous bénisse tous, vous sur la bonne vieille Terre".

 

C’était il y a tout juste 40 ans, pour la première fois des hommes découvraient, éblouis, un lever de terre. Une autre époque. Tout paraissait possible pour cette bonne vieille terre et ses habitants. C’était la fin des Golden sixties. Borman avait raison de nous souhaiter bonne chance. On allait en avoir besoin. En quarante années, la planète bleue et ses habitants ont trinqué. Durement!

Noël 2008. L’année s’achève en noir, sur fond de crise économique, financière, politique, sociale, institutionnelle. A priori, rien que des raisons de désespérer. De se souhaiter des vœux comme on lance des bouteilles à la mer. Et pourtant.

Nous avons choisi de vous souhaiter un "Joyeux Noël" d’espérance.

Le sapin qui fait notre Une veut précisément traduire cela. Pas de boules, pas de bougies. 18 portraits de femmes et d’hommes qui, à leur manière, ont façonné le monde, n’ont jamais renoncé à leur idéal. Dominique Pire y côtoie Coluche, Sœur Emmanuelle y fréquente Bob Geldof, Henri Dunant le fondateur de la Croix Rouge y croise Bernard Kouchner fondateur de Médecins Sans Frontières. Ils sont 18, ils auraient dû être bien plus nombreux.

Ce qui les unit, par-delà les différences de culture, de conviction, de religion, c’est sans doute leur foi en l’homme. Ce qui les rassemble c’est l’intérêt désintéressé qu’ils portent à leurs frères humains. Ce qui les rend exemplaires, c’est de n’être pas seulement des hommes et des femmes de bonne volonté mais des hommes et des femmes qui ont la volonté d’être bons.

Ceux-ci sont célèbres, mais ils sont, vous êtes, des milliers, à poser des actes solidaires à l’égard d’autres que les hasards de la vie ont rendus plus fragiles dans nos sociétés modernes pas très fraternelles.

Alors voilà, soyons plus nombreux encore à être simplement humains, à Noël, et chaque jour à venir. Joyeux Noël! Cela peut être vrai!

12:43 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : noël, voeux